Réponse rapide
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, la pose d’un revêtement de sol (carrelage, parquet, sol souple) par une entreprise bénéficie de la TVA à 10 %, fournitures posées par l’entreprise comprises, et l’isolation thermique d’un plancher bas de la TVA à 5,5 % si elle respecte les critères techniques du Code général des impôts. Le taux normal de 20 % s’applique aux logements de moins de deux ans, aux locaux professionnels et aux matériaux achetés directement par le particulier. Depuis le 1er mars 2025, l’attestation est remplacée par une mention certifiée par le client sur le devis ou la facture.

Quels sont les trois taux de TVA applicables aux travaux de sol ?
En France métropolitaine, trois taux de TVA coexistent pour les travaux dans les logements :
- 20 %, le taux normal, qui s’applique par défaut ;
- 10 %, taux réduit pour les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien ;
- 5,5 %, taux réduit pour les travaux de rénovation énergétique (isolation thermique, chauffage à énergie renouvelable, ventilation performante, régulation…).
Les travaux de sol courants (dépose, chape, ragréage, pose de carrelage, de parquet, de sol souple, ponçage) relèvent en principe du taux de 10 %. L’isolation d’un plancher bas relève du taux de 5,5 % lorsqu’elle respecte les exigences de performance fixées par le Code général des impôts (annexe IV), notamment une résistance thermique minimale.
En Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, les taux réduits applicables sont de 2,1 %. La règle de base est la même partout : le taux réduit dépend à la fois du local (logement de plus de deux ans), de la nature des travaux et de qui fournit les matériaux.
| Travaux | Taux de TVA | Condition principale |
|---|---|---|
| Pose de carrelage, parquet, stratifié ou sol souple, fourniture et pose par l’entreprise | 10 % | Logement d’habitation de plus de 2 ans |
| Dépose d’un ancien revêtement, chape, ragréage, ponçage et vitrification | 10 % | Travaux d’amélioration ou d’entretien |
| Carrelage d’une terrasse, d’une cave ou d’un garage dépendant du logement | 10 % | Dépendance usuelle d’un local d’habitation |
| Isolation thermique d’un plancher bas | 5,5 % | Respect des critères techniques du CGI |
| Revêtement acheté en magasin par le particulier | 20 % sur l’achat | Seule la pose facturée par l’entreprise est à 10 % |
| Travaux dans un logement de moins de 2 ans | 20 % | — |
| Travaux dans un local professionnel ou commercial | 20 % | — |
| Travaux aboutissant à un immeuble neuf (surélévation, extension…) | 20 % | Voir les seuils de « production d’immeuble neuf » |
Quelles conditions pour bénéficier de la TVA à 10 % ?
Trois conditions cumulatives s’appliquent.
1. Un local d’habitation achevé depuis plus de deux ans. Peu importe que l’occupant soit propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire. Les dépendances usuelles du logement (cave, grenier, garage, loggia, terrasse, cour) sont incluses. Un local professionnel ou commercial reste à 20 %, même s’il est ancien ; dans un local mixte, seule la partie habitation est éligible.
2. Des travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement ou d’entretien. C’est le cas de la quasi-totalité des travaux de sol : remplacement d’une moquette par un parquet, pose de carrelage, rénovation d’un sol ancien, réparation, ponçage.
3. Des travaux qui ne produisent pas un immeuble neuf. Le taux réduit est exclu lorsque les travaux, appréciés sur une période de deux ans, conduisent à une surélévation ou une addition de construction, augmentent la surface de plancher de plus de 10 %, rendent à l’état neuf plus de la moitié du gros œuvre, ou remettent à neuf plus des deux tiers de chacun des éléments de second œuvre, parmi lesquels figurent les planchers non porteurs, les huisseries extérieures, les cloisons intérieures, la plomberie, l’électricité et le chauffage.
Une rénovation complète des sols, même lourde, ne bascule donc pas à elle seule à 20 % : c’est le cumul avec d’autres travaux qui peut le faire. En cas de rénovation globale d’une maison, demandez à l’entreprise de vérifier ce point avant de chiffrer.
Fournitures achetées par le particulier : quelle TVA ?
C’est le piège le plus fréquent. Le taux réduit ne s’applique qu’aux prestations réalisées et facturées par l’entreprise : pose, installation, adaptation, et matières premières et fournitures indispensables aux travaux (ciment, carrelage, colle, joints, sous-couche, etc.) qu’elle fournit elle-même.
Si vous achetez vous-même votre parquet ou votre carrelage en magasin pour le faire poser, ce matériau supporte la TVA à 20 % au moment de l’achat ; seule la main-d’œuvre de pose facturée par l’entreprise bénéficie du taux réduit. La différence est loin d’être négligeable : sur 2 000 € HT de carrelage, l’écart entre 20 % et 10 % représente 200 €.
Il faut toutefois mettre cette économie en balance avec d’autres éléments. Lorsque l’entreprise fournit le matériau, elle en garantit la conformité et l’adéquation au support ; si le matériau que vous avez acheté est défectueux ou inadapté, la responsabilité de l’entreprise est plus difficile à engager. Les marges pratiquées sur la fourniture et les prix obtenus en magasin changent aussi le calcul : comparez les devis à prestation identique.
Pour le taux de 5,5 %, la logique est la même : un isolant acheté par le particulier reste à 20 %, et il prive souvent de certaines aides, qui exigent une fourniture et une pose par une entreprise RGE.
| Scénario | Fourniture (1 500 € HT) | Pose (1 800 € HT) | Total TTC |
|---|---|---|---|
| Carrelage fourni et posé par l’entreprise | 1 650 € (TVA 10 %) | 1 980 € (TVA 10 %) | 3 630 € |
| Carrelage acheté par le particulier, pose par l’entreprise | 1 800 € (TVA 20 %) | 1 980 € (TVA 10 %) | 3 780 € |
| Même chantier dans un logement de moins de 2 ans | 1 800 € (TVA 20 %) | 2 160 € (TVA 20 %) | 3 960 € |
Attestation ou mention sur le devis : que faut-il fournir ?
Jusqu’en 2025, le client devait remplir une attestation (normale ou simplifiée, formulaires Cerfa) pour bénéficier du taux réduit. Depuis le 1er mars 2025, ce n’est plus le cas : le client certifie, par une mention portée sur le devis ou la facture, que les travaux remplissent les conditions du taux réduit, notamment que le local est affecté à l’habitation et achevé depuis plus de deux ans. L’attestation normale ou simplifiée n’est plus requise.
En pratique, l’entreprise intègre cette mention dans son devis ou sa facture et vous la faites signer. Ces documents sont établis en deux exemplaires : l’un est conservé par l’entreprise dans sa comptabilité, l’autre par le client jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la réalisation des travaux (jusqu’au 31 décembre 2031 pour des travaux réalisés en 2026).
Attention : si le taux réduit a été appliqué à tort à cause d’une information inexacte du client (logement en réalité de moins de deux ans, local professionnel déclaré comme habitation), le client peut être tenu solidairement au paiement du complément de TVA. Vérifiez donc la date d’achèvement de votre logement, qui figure sur la déclaration d’achèvement des travaux ou l’acte d’acquisition.
Quand l’isolation du sol passe-t-elle à 5,5 % ?
Le taux de 5,5 % vise la pose, l’installation, l’adaptation ou l’entretien de matériaux et d’équipements destinés à économiser l’énergie, dont l’isolation thermique des parois opaques. L’isolation d’un plancher bas (sur sous-sol non chauffé, vide sanitaire ou passage ouvert) en fait partie.
Pour en bénéficier, les travaux doivent respecter les prescriptions techniques fixées par le Code général des impôts (annexe IV), notamment une résistance thermique minimale de l’isolant posé, de 3 m².K/W pour les planchers bas, ce qui correspond au niveau exigé par les principales aides. La facture doit mentionner les caractéristiques de l’isolant (marque, référence, épaisseur, résistance thermique) qui permettent de vérifier ce critère. Voir résistance thermique.
Les travaux indissociablement liés à l’isolation peuvent, sous conditions, suivre le même taux. En revanche, le revêtement de sol décoratif posé sur la nouvelle chape flottante relève en principe des travaux d’aménagement à 10 % : la doctrine fiscale (BOFiP) détaille ces situations et il est prudent de faire préciser la ventilation des taux sur le devis.
Pour l’isolation du sol, le taux de 5,5 % se cumule avec les aides (CEE, éco-prêt à taux zéro, MaPrimeRénov’ en rénovation d’ampleur) présentées dans notre page sur les aides à l’isolation du plancher.
Comment vérifier que le taux appliqué sur le devis est le bon ?
Quelques réflexes suffisent :
- Chaque ligne du devis doit indiquer son taux de TVA ; un devis global « TVA 10 % » sur une isolation et une pose de parquet mélangées mérite d’être détaillé.
- La mention de certification du client (logement d’habitation achevé depuis plus de deux ans) doit figurer sur le devis ou la facture.
- Les fournitures apparaissent bien sur le devis de l’entreprise : si elles sont absentes, c’est que vous les achetez vous-même, à 20 %.
- Pour un local mixte (habitation et activité professionnelle), la répartition entre les surfaces doit être justifiée.
- Pour l’isolation à 5,5 %, les caractéristiques de l’isolant et sa résistance thermique figurent sur la facture.
En cas de doute sur une situation particulière (dépendance séparée, transformation d’un local professionnel en logement, rénovation globale), la fiche officielle d’Entreprendre Service Public et la page d’impots.gouv.fr font foi. Pour les prix des travaux eux-mêmes, consultez nos pages prix de pose du carrelage et prix de pose du parquet.
Questions fréquentes
La TVA à 10 % s’applique-t-elle dans une résidence secondaire ?
Oui. Le taux réduit concerne les logements d’habitation achevés depuis plus de deux ans, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire, et que l’occupant soit propriétaire, locataire ou occupant à titre gratuit.
Faut-il encore remplir le formulaire Cerfa d’attestation de TVA ?
Non. Depuis le 1er mars 2025, l’attestation normale ou simplifiée n’est plus requise : le client certifie par une mention sur le devis ou la facture que les conditions du taux réduit sont remplies.
Un carrelage de terrasse peut-il être à 10 % ?
Oui, si la terrasse est une dépendance usuelle d’un logement de plus de deux ans et que l’entreprise réalise les travaux. Une terrasse créée dans le cadre d’une extension qui augmente la surface de plancher peut en revanche relever du taux normal.
Quel taux pour des travaux de sol dans un bureau ou un commerce ?
Le taux normal de 20 % s’applique, car les taux réduits sont réservés aux locaux d’habitation. Dans un local mixte, seule la partie affectée à l’habitation peut bénéficier du taux réduit.
Que risque-t-on si la mention de TVA est inexacte ?
Si l’erreur de taux résulte d’une information inexacte du client, celui-ci peut être tenu solidairement au paiement du complément de TVA. Il faut donc vérifier l’ancienneté et l’usage du local avant de signer.
En résumé
- La pose d’un revêtement de sol par une entreprise dans un logement de plus de deux ans est à 10 % de TVA.
- L’isolation thermique d’un plancher bas respectant les critères du CGI est à 5,5 %.
- Les matériaux achetés directement par le particulier restent à 20 %, seule la pose est à taux réduit.
- Depuis le 1er mars 2025, une mention certifiée par le client sur le devis ou la facture remplace l’attestation.
- Les documents doivent être conservés jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant les travaux.
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Sources et références
- 1impots.gouv.fr – Quel taux de TVA appliquer pour les travaux réalisés dans les logements ?impots.gouv.fr
- 2Entreprendre.service-public.gouv.fr – Taux de TVA pour les travaux de rénovation d’un logemententreprendre.service-public.gouv.fr
- 3France Rénov’ – Les autres aides financièresfrance-renov.gouv.fr