Réponse rapide
Les tomettes sont de petits carreaux de terre cuite, traditionnellement hexagonaux et de teinte rouge-orangé, typiques du sud de la France. On trouve des tomettes anciennes de récupération et des tomettes neuves, artisanales ou industrielles. Comptez en 2026 environ 80 à 220 € TTC le m² fourniture et pose, traitement compris ; protégée à l’huile de lin puis à la cire ou par un hydrofuge-oléofuge, une tomette dure plus d’un siècle.

Qu’est-ce qu’une tomette et quelles sont les variantes ?
La tomette est un carreau de terre cuite fabriqué à partir d’argile moulée, séchée puis cuite. Sa forme classique est l’hexagone, d’environ 10 à 17 cm de côté à côté, pour 1,5 à 2,5 cm d’épaisseur. Le terme est aussi employé, par extension, pour des carreaux de terre cuite carrés ou octogonaux (avec cabochons).
Il existe plusieurs familles :
- Tomettes anciennes de récupération : déposées dans des maisons anciennes, nettoyées et triées. Elles offrent une patine impossible à reproduire, mais leurs dimensions et épaisseurs varient, et certaines sont fendues ou usées.
- Tomettes artisanales neuves : moulées à la main ou à la presse dans des tuileries traditionnelles, avec des nuances de cuisson marquées.
- Tomettes industrielles neuves : extrudées ou pressées, plus régulières, parfois livrées pré-traitées en usine, donc plus simples à poser et à entretenir.
- Carreaux effet tomette : grès cérame ou carreaux de ciment imitant l’hexagone en terre cuite. Ce ne sont pas des tomettes, mais ils en reprennent la forme avec un entretien de carrelage (voir le guide du carrelage).
La couleur dépend de l’argile et de la cuisson : rouge, orangé, rosé, ocre, voire brun-noir pour les terres flammées. Le CTMNC, centre technique de la terre cuite, publie des ressources sur ces produits.
Quels sont les avantages et les inconvénients des tomettes ?
Avantages :
- Caractère et authenticité, particulièrement dans le bâti ancien et les maisons de style provençal.
- Durabilité : une terre cuite bien cuite et bien entretenue traverse les siècles ; les tomettes anciennes en sont la preuve.
- Matériau naturel (argile cuite), sans émissions une fois traité avec des produits adaptés.
- Inertie thermique : fraîcheur en été, bonne compatibilité avec le chauffage au sol.
- Réparation ponctuelle : une tomette cassée se remplace à l’unité.
Inconvénients :
- Porosité : brute, la terre cuite absorbe l’eau, les graisses et le vin. Sans traitement, elle se tache et s’encrasse rapidement.
- Entretien régulier des protections (huile, cire ou hydrofuge) selon le traitement choisi.
- Dureté de surface modeste : les tomettes tendres s’usent et s’écaillent dans les zones de fort passage et peuvent être gélives à l’extérieur.
- Pose plus longue qu’un carrelage : tri, trempage éventuel, pose à joints larges, traitement en plusieurs étapes.
- Irrégularité des tomettes anciennes, qui demande un poseur habitué.
Dans quelles pièces poser des tomettes et sont-elles glissantes ?
Les tomettes conviennent à toutes les pièces de vie : salon, séjour, chambres, couloirs et cuisine, à condition d’être bien protégées contre les taches grasses. Dans une salle de bains, elles sont possibles hors zone de douche, avec un traitement hydrofuge entretenu. En extérieur, seules des terres cuites certifiées non gélives sont adaptées.
Une tomette brute ou huilée est peu glissante : sa surface mate et légèrement rugueuse offre une bonne adhérence. Une tomette cirée et lustrée devient plus glissante, surtout en chaussettes ou avec de l’eau ; dans une cuisine, on préfère souvent un traitement hydrofuge-oléofuge mat à une cire brillante. Pour les escaliers, des nez de marche en terre cuite spécifiques existent.
Combien coûtent des tomettes au m² posées ?
Le prix des tomettes anciennes dépend de leur état, de la quantité disponible (un lot homogène pour une grande surface est plus cher) et du travail de nettoyage. Les tomettes neuves artisanales coûtent plus cher que les industrielles. La pose est plus coûteuse que celle d’un carrelage courant, car elle inclut souvent un tri, un scellement au mortier et un traitement de finition en plusieurs passes.
À cela peuvent s’ajouter la dépose d’un ancien revêtement, une chape ou un ragréage, et les plinthes en terre cuite. Pour comparer, voir le prix de la pose de carrelage.
| Prestation | Fourniture (TTC) | Pose (TTC) | Total (TTC) |
|---|---|---|---|
| Tomettes neuves industrielles | 25 – 60 € | 50 – 90 € | 75 – 150 € |
| Tomettes neuves artisanales | 50 – 100 € | 50 – 90 € | 100 – 190 € |
| Tomettes anciennes de récupération | 60 – 150 € | 60 – 100 € | 120 – 250 € |
| Traitement de finition (huile de lin + cire ou hydrofuge) | 3 – 8 € | 8 – 20 € | 11 – 28 € |
| Rénovation de tomettes existantes (décapage, ponçage, traitement) | — | 30 – 70 € | 30 – 70 € |
Comment poser des tomettes et quel DTU appliquer ?
Deux méthodes, encadrées par les DTU du carrelage :
- Pose scellée sur lit de mortier, selon le NF DTU 52.1. C’est la méthode traditionnelle, quasi obligatoire pour les tomettes anciennes d’épaisseurs variables, car le mortier compense les écarts.
- Pose collée au mortier-colle, selon le NF DTU 52.2, réservée aux tomettes régulières et calibrées, sur un support plan.
Les étapes clés :
- Tri et préparation : les tomettes anciennes sont nettoyées, débarrassées des restes de mortier et triées par épaisseur et nuance. Les tomettes non traitées sont souvent humidifiées ou trempées avant la pose scellée, pour éviter qu’elles n’absorbent l’eau du mortier.
- Pose à joints de 5 à 10 mm environ, en mélangeant les lots pour répartir les nuances, et en respectant un joint périphérique.
- Protection avant jointoiement : sur terre cuite brute, un premier traitement (huile ou bouche-pores) avant joints évite que le coulis ne tache la surface.
- Jointoiement au mortier de chaux ou de ciment teinté, nettoyage soigné, puis séchage complet avant traitement final.
Les règles générales de la pose de sol s’appliquent pour le contrôle du support et des niveaux.
Comment traiter et entretenir des tomettes à l’huile de lin et à la cire ?
Le traitement traditionnel associe huile de lin et cire. Il nourrit la terre cuite, la rend moins absorbante et fonce sa teinte. Les solutions modernes (hydrofuge-oléofuge en phase aqueuse) protègent sans modifier l’aspect et demandent moins d’entretien.
Traitement traditionnel, sur tomette propre et parfaitement sèche (plusieurs semaines après la pose) :
- appliquer une à deux couches d’huile de lin, souvent coupée d’essence de térébenthine pour la première passe afin qu’elle pénètre mieux, en essuyant l’excédent ;
- laisser sécher plusieurs jours ;
- appliquer une cire (cire d’abeille ou cire dure pour terre cuite) en couche fine, puis lustrer.
Entretien : balai, aspirateur, lavage à l’eau tiède additionnée de savon noir, qui nourrit la surface. On évite les détergents agressifs, l’eau de Javel et les produits acides, qui attaquent les joints et la protection. La cire se renouvelle selon le passage ; l’hydrofuge tous les quelques années. Les chiffons imbibés d’huile de lin peuvent s’enflammer spontanément en séchant : on les étale à plat ou on les plonge dans l’eau avant de les jeter.
| Traitement | Aspect | Protection | Renouvellement |
|---|---|---|---|
| Huile de lin seule | Mat, teinte foncée | Moyenne contre l’eau, faible contre les graisses | 1 – 2 ans |
| Huile de lin + cire | Satiné, patiné | Bonne, à entretenir | Cire : 6 mois à 2 ans selon passage |
| Hydrofuge-oléofuge | Naturel, quasi invisible | Bonne contre l’eau et les graisses | 3 – 5 ans |
| Vernis ou finition filmogène | Satiné à brillant | Bonne, mais usure visible au passage | 5 – 10 ans, ponçage nécessaire |
Peut-on poser des tomettes sur un plancher chauffant ou un plancher bois ?
Plancher chauffant : oui. La terre cuite est conductrice et sa résistance thermique, même en 2 cm d’épaisseur, reste faible. La pose sur plancher chauffant suit les mêmes règles qu’un carrelage : chape chauffante sèche, chauffage arrêté pendant la pose puis remis en route progressivement, joints de fractionnement repris dans le revêtement.
Plancher bois : c’est une configuration fréquente dans le bâti ancien, où les tomettes reposaient sur un lit de plâtre ou de mortier sur solivage. Pour une pose neuve, il faut vérifier la portance (40 à 50 kg/m² pour les tomettes, plus le mortier) et la rigidité du plancher : un support qui fléchit fait fissurer les joints et casser les carreaux. Une pose collée sur panneaux adaptés ou une chape allégée, avec natte de désolidarisation, est alors étudiée au cas par cas.
Support humide : la terre cuite ne craint pas l’humidité en soi, mais les remontées d’eau chargée de sels provoquent des efflorescences blanches. En rez-de-chaussée ancien, le traitement de l’humidité précède la pose.
Comment rénover des tomettes anciennes et combien de temps durent-elles ?
Une tomette ancienne encrassée, cirée depuis des décennies, peut retrouver son aspect par une rénovation en trois temps : décapage des anciennes cires et de la crasse avec un décapant pour terre cuite et une monobrosse ou une brosse dure, ponçage léger si la surface est inégale ou très usée, puis traitement neuf (huile et cire, ou hydrofuge). Les tomettes cassées sont remplacées par des tomettes de récupération de même dimension. Les décapants acides sont à manier avec précaution, car ils attaquent les joints.
En termes de durée de vie, une tomette correctement cuite et protégée dure plus de cent ans dans un logement. Les zones de passage s’usent et se creusent lentement : c’est cette patine qui fait la valeur des tomettes anciennes.
Questions fréquentes
Peut-on recouvrir des tomettes anciennes ?
Oui, par un sol souple, un stratifié en pose flottante ou un carrelage collé après ragréage, si les tomettes sont bien adhérentes et le support stable. Il faut cependant se rappeler qu’un recouvrement collé rend leur récupération ultérieure difficile.
Comment récupérer des tomettes anciennes lors d’une dépose ?
On les décolle une à une au burin, à partir d’un bord, en acceptant une part de casse. Elles sont ensuite nettoyées des restes de mortier, triées par épaisseur et stockées à plat. La quantité récupérable dépend beaucoup du mortier d’origine.
Pourquoi des taches blanches apparaissent-elles sur mes tomettes ?
Il s’agit le plus souvent d’efflorescences : des sels minéraux apportés par l’humidité du support ou du mortier, qui cristallisent en surface en séchant. Elles disparaissent généralement après séchage complet et brossage ; si elles persistent, il faut traiter la cause d’humidité.
Faut-il cirer des tomettes neuves pré-traitées ?
Pas nécessairement. Les tomettes traitées en usine reçoivent en général un hydrofuge-oléofuge qui suffit en usage courant. Suivez la notice du fabricant : certaines finitions supportent une cire d’entretien, d’autres non.
En résumé
- Les tomettes sont des carreaux de terre cuite, le plus souvent hexagonaux, anciens de récupération ou neufs.
- Comptez environ 80 à 220 € TTC le m² posé, traitement compris, davantage pour des tomettes anciennes rares.
- La pose scellée (NF DTU 52.1) convient aux tomettes irrégulières ; la pose collée (NF DTU 52.2) aux tomettes calibrées.
- La terre cuite brute est poreuse : huile de lin et cire, ou hydrofuge-oléofuge, sont indispensables.
- Bien protégées, les tomettes sont compatibles avec le plancher chauffant et durent plus d’un siècle.
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Sources et références
- 1CTMNC – Terre cuitectmnc.fr
- 2AFNOR – Boutique des normes (NF DTU 52.1, NF DTU 52.2)boutique.afnor.org
- 3Agence Qualité Construction – Prévention des désordresqualiteconstruction.com
- 4Service Public Entreprendre – Taux de TVA pour les travaux de rénovation d’un logemententreprendre.service-public.fr
- 5Fédération française du bâtimentffbatiment.fr